Donatius , El quadern gris i la magdalena , Epicur; trad. Montserrat Jufresa. Ètica. Proteus, 2008 , Menú de facultat , Mina dura , Teoria do verso / Eugénio de Andrade; trad. Antoni Xumet Rosselló. -- 2009 , 20080818, lectures d'estiu: Tàcit i Batman 3 , etc

Michela Marzano. Extension du domaine de la manipulation : de l’entreprise à la vie privée. Grasset & Fasquelle, 2008

Posted: May 13th, 2009 | Author: <mina.> | Filed under: antropologia, filosofia, lectures | Tags: , | No Comments »


Au Café de la Mairie, place Saint-Sulpice à Paris, 2008, 17 octobre.

Aquesta senyora va xerrar-ho al CCCB el proppassat 4 de maig.

Michela Marzano. Extension du domaine de la manipulation : de l’entreprise à la vie privée. Grasset & Fasquelle, 2008

Fragment de la “Introduction” enllaçada:

Depuis les années 1970, l’Occident est sorti progressivement de ce que Michel Foucault appelait alors l’univers ” disciplinaire “, mis en place sur les ruines du vieil ordre médiéval. Cette sortie d’un monde ordonné a débouché sur un nouvel horizon, beaucoup plus ouvert, laissant chacun face à lui-même. Au fur et à mesure des années, d’importantes mutations technologiques ont d’ailleurs accéléré cette émancipation des individus et engendré un nouveau type de capitalisme. Les modifications culturelles et psychologiques qui ont accompagné ces transformations de la société libérale ont produit un ” hyper-individualisme “, un sentiment d’insignifiance, un narcissisme dont certains ne cessent de condamner les effets dévastateurs en Occident. Mais leurs discours, souvent brillants, sont vains. Ils n’ont d’ailleurs aucune prise sur le monde. Et pour cause. Nous assistons aujourd’hui à ce qu’on appelle en jargon épistémologique un “changement de paradigme ” qui peut donner le vertige, mais se révèle extrêmement séduisant. Du modèle “paternaliste”, selon lequel l’autorité religieuse, morale ou politique pouvait constamment interférer avec la liberté des individus au nom du Bien ou de la prévention du Mal, nous sommes passés à un modèle ” individualiste “, selon lequel personne ne peut mieux que l’individu lui-même déterminer sa conception du Bien, et donc ce qu’il veut ou ne veut pas faire. C’est la réalisation du rêve libéral d’Isaiah Berlin qui évoque le désir intrinsèque de tout homme de devenir sujet de sa propre vie : “Par-dessus tout, je désire me concevoir comme un être pensant, voulant, agissant, assumant la responsabilité de ses choix et capable de les justifier en s’appuyant sur sa propre vision des choses.” Désormais, dans ce nouveau paradigme, la liberté se peint, d’après nous, sous les traits d’un triptyque de valeurs prometteuses : authenticité, volontarisme, autonomie. L’individu contemporain, qui ne se laisse plus enfermer dans un rôle que d’autres lui avaient assigné, a le sentiment de pouvoir enfin devenir ce qu’il est : c’est le culte de l’authenticité. Branché sur son portable et en liaison avec le monde entier, il pense posséder les moyens matériels et technologiques de réaliser ce qu’il veut : c’est le culte du volontarisme. Libéré des anciennes contraintes morales, qui lui dictaient ce qu’il devait faire, l’homme occidental se croit capable de déterminer précisément ce qu’il désire : c’est le culte de l’autonomie.

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La démonstration est claire et le style est agréable. Ce que l’on peut regretter dans cet essai, c’est l’absence d’idée vraiment nouvelle et une vision parfois assez manichéenne de l’entreprise. Contrairement à d’autres auteurs – sociologues, économistes, psychologues – Michela Marzano n’a sans doute qu’une connaissance très théorique de l’entreprise, et c’est ce qui fait parfois la faiblesse du propos.
Sur des thèmes similaires, “Les Managers de l’âme” de Valérie Brunel ou “Le coût de l’excellence” de Nicole Aubert et Vincent de Gaulejac sont beaucoup plus convaincants et novateurs (cf. mes critiques).

Que jo, ni idea.